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Mbale est une ville tranquille de 100 000 habitants nichée dans la région verdoyante du mont Elgon dans l’est de l’Ouganda. Son hôpital principal, le Mbale Regional Referral Hospital (MRRH, hôpital de référence régional de Mbale), répond aux besoins d’environ un million de personnes et, la plupart du temps, vous trouverez des soignants et des membres des familles assis sur l’herbe à l’extérieur, pendant que les patients reçoivent des soins dans les nombreux services et les multiples blocs opératoires situés à l’intérieur.

Les femmes voyagent de toute la région pour se rendre au bloc chirurgical d’obstétrique et de gynécologie de l’hôpital, bravant souvent des routes boueuses et accidentées quasiment impossibles à emprunter pendant la saison des pluies. Le personnel du bloc opératoire assure 10 opérations chaque jour, parfois dans des conditions difficiles – voire dangereuses.

Comme trop de blocs opératoires en Afrique subsaharienne, l’électricité est intermittente et le générateur n’est pas fiable, ce qui conduit les chirurgiens et les infirmiers à opérer la nuit à la faible lueur des torches de leurs téléphones portables.

L’équipement approprié est souvent inutilisable ou absent. Certains cas de maternité peuvent être traités avec succès et en toute sécurité sous anesthésie rachidienne, mais il y a souvent un manque d’aiguilles spinales, ce qui oblige les responsables d’anesthésie à utiliser des aiguilles plus grosses, non spinales, augmentant le risque de céphalées consécutives à une ponction postdurale et de lésions nerveuses.

De nombreux patients ont besoin d’une anesthésie générale, ce qui, jusqu’à récemment, était réalisé au MRRH avec un vieux vaporisateur à gaz inspirés Epstein Macintosh Oxford (EMO) – un dispositif largement utilisé en Ouganda. Il fonctionne avec de l’éther, l’un des premiers agents anesthésiques utilisés dans les blocs opératoires au milieu du 19e siècle et l’un des derniers agents anesthésiques que vous pourrez voir en usage dans les salles chirurgicales mondiales actuellement (il a été retiré en 2005 de la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé).

Les opposants à la revendication de l’utilisation de l’éther soutiennent qu’il est dangereux comparé aux agents comme l’halothane, l’isoflurane et le sévoflurane, car il est inflammable et explosif dans des endroits confinés. De plus, l’un des problèmes réside dans le fait que son élimination du corps du patient est longue, de sorte que les patients ont des temps de récupération de longue durée, un inconvénient accentué par un équipement de surveillance inadéquat et du personnel peu nombreux.

Ses partisans arguent qu’il est relativement facile à administrer et qu’il est plus sûr dans les cas d’obstétrique associés à un risque élevé d’hémorragie. Reconnaissant son utilité, certains experts mondiaux de santé ont fait pression sur l’OMS pour sa réintroduction dans la liste des médicaments essentiels.

Le Dr Jodie Smythe, une stagiaire anesthésiste britannique travaillant au bloc opératoire d’obstétrique et de gynécologie dans le cadre d’un partenariat avec la plate-forme pour les mères et les nouveau-nés d’Ouganda, a assisté à des interventions chirurgicales réalisées à l’aide du vaporisateur à gaz inspirés EMO et a pensé que les patients et le personnel tireraient avantage d’un dispositif d’anesthésie plus moderne.

Après avoir assisté à la communication de TEDx sur la machine d’anesthésie universelle (l’UAM, Universal Anaesthesia Machine), le Dr Smythe a contacté Gradian et, dans les quelques mois qui ont suivi, un regroupement d’associations, dont le MRRH lui-même, a versé des fonds pour acheter une UAM à utiliser au bloc opératoire d’obstétrique et de gynécologie.

Peu de temps après, l’UAM était expédiée à Mbale. Comme pour toutes les installations, Gradian s’est assuré que des formateurs techniques et cliniques qualifiés viennent à l’hôpital pour former le personnel à l’utilisation et à l’entretien de l’UAM. Un médecin anesthésiste consultant au Mbale Regional Referral Hospital et deux ingénieurs biomédicaux ont voyagé jusqu’à Mbale, où ils ont formé 30 chirurgiens, infirmiers et techniciens pendant deux jours au cours d’une formation en salle et au bloc opératoire.

La transition de l’éther vers des agents anesthésiants plus modernes est difficile. Pendant des années – dans certains cas, des dizaines d’années – les responsables de l’anesthésie ont utilisé un vaporisateur à gaz inspirés EMO avec de l’éther, et le passage à un dispositif hybride à flux continu/à gaz inspirés avec de l’halothane ou de l’isoflurane est un changement important du point de vue clinique et opérationnel. Mais comme les responsables de l’anesthésie ont bénéficié d’un tutorat de qualité personnalisé au cours d’une opération, ils ont rapidement appris en pratiquant et ont bientôt manipulé les soufflets et le vaporisateur avec facilité.

Au cours de la formation, de nombreux responsables de l’anesthésie ont demandé comment ils pouvaient se procurer une autre UAM pour leur hôpital, ce qui est un signe évident de la satisfaction du client. Quelques mois plus tard, l’UAM était utilisée tous les jours.

Il n’y a pas encore suffisamment d’aiguilles spinales et les blocs opératoires subissent régulièrement des coupures de courant. Cependant, avec l’UAM pour fournir l’anesthésie, c’est indéniablement un lieu plus sûr pour que les patients subissent des opérations vitales que cela ne l’était autrefois. La transition vers l’abandon de l’éther n’a pas été facile, mais elle s’est faite en douceur et désormais les patients reçoivent une anesthésie générale sûre et fiable, surveillée par des professionnels formés spécialement à l’usage de l’UAM.

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