Lorsque Gradian a commencé de travailler avec la République Démocratique du Congo, au début de 2016, nous l’avons fait alors que nous connaissions les divers défis que présentait ce pays d’Afrique Centrale. Par exemple, sa taille est semblable à celle de l’Europe de l’Ouest, mais le pays ne dispose que de quelques milliers de kilomètres de routes asphaltées. Bien que sa langue nationale soit le français, les Congolais parlent des dizaines d’autres langues ethniques. Et, malheureusement, le pays est enlisé dans la pauvreté et dans les conflits depuis des décennies, avec un PIB par habitant d’un dollar par jour seulement et des violences permanentes qui continuent de se produire, en particulier à l’est. Il va sans dire que la RDC connaît une pénurie dramatique d’anesthésistes et d’équipements dans les rares établissements de soins de santé échelonnés dans sa campagne, ce qui rend les opérations chirurgicales sûres quasiment impossibles.

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Nous avons entamé nos travaux en RDC par l’installation de la première UAM à l’hôpital Biamba Marie Mutombo situé à Kinshasa, la capitale. En faisant équipe avec la Fondation Mutombo Dikembe, nous avons considéré cette première installation comme l’occasion de former une équipe de techniciens biomédicaux congolais et d’utilisateurs de l’UAM susceptibles de jouer le rôle de personnel de support local au cas où nous allions étendre nos activités à d’autres hôpitaux du pays. Et ainsi, en l’espace de quelques mois, nous avons effectué un déploiement à grande échelle qui allait mobiliser toutes les ressources, en vue de l’installation de l’UAM et de la formation des hôpitaux à son utilisation.

Le projet consistait en dix hôpitaux soutenus par l’IMA, dispersés dans les régions du Nord, de l’Est et du Sud du pays. Étant donné qu’aucun d’entre eux n’avait jamais utilisé d’anesthésie par inhalation auparavant (ils avaient recours aux injections de kétamine), il était impératif que nous travaillions conjointement avec la Fondation Mutombo et l’IMA, non seulement pour installer les UAM dans chaque établissement, mais également pour dispenser des formations intensives sur site aux anesthésistes qui allaient utiliser l’équipement et aux techniciens chargés de son entretien. En profitant des connaissances de nos anesthésistes et ingénieurs médicaux expérimentés basés en Haïti, au Bénin, en Ouganda et au Rwanda, nous avons appliqué un modèle de « formation du formateur », qui nous a permis d’échelonner les installations et les formations, au fur et à mesure que nous approfondissions nos connaissances dans le pays et que nous préparions la logistique d’un déploiement national.

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Nous avons commencé par établir des centres de formation à Kinshasa et à Mbararra, en Ouganda, près de Goma, dans lesquels les maîtres-formateurs cliniques et techniques existants de l’UAM conduisaient des sessions didactiques et supervisaient des cas pour le nouveau contingent de formateurs congolais. Chaque stagiaire est reparti de ces centres de formation initiaux avec une certification leur permettant de dispenser eux-même des formations.

Nous avons ensuite organisé des formations centralisées au Nord, à l’Est et au Sud, auxquelles le personnel des hôpitaux de chaque région pouvait assister, apprendre à utiliser les équipements et à effectuer eux-mêmes l’entretien. Il s’agissait là de la première occasion pour le nouveau groupe de formateurs d’assister les autres utilisateurs avec l’UAM et, sous la supervision des maîtres-formateurs de Gradian, chacun d’entre eux est parvenu à mener des sessions concluantes.

Au terme de cette formation, 10 hôpitaux disposaient d’un personnel clinique et technique prêt à administrer des anesthésies générales sûres, et ce pour la première fois. Ceci représentant une avancée majeure dans la capacité du pays à traiter les fractures causées par des accidents de la route, les complications liées à l’accouchement, les anomalies congénitales, ainsi que de nombreuses autres conditions.

 

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